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2008 © Copyright by une aile en ciel, troupe de danse, tous droits réservés.
Les poèmes chorégraphiques

 

Par la danse l'homme recherche l'élévation 
Et l'équilibre de son être
Solitaire il engendre une religion qui se situe dans l'espace
Religion qui a pour épouses la pureté et la beauté
Et c'est ainsi que le danseur touche à son idéal, 
L'émotion et l'extase.
Les clés de ses rêves et de ses secrets profonds
Enivrent son corps et qu'il est beau de rêver
Et de croire que pour cet art à la poursuite éternelle de la beauté
On peut au firmament constellé d’étoiles en arracher une 
Pour la déposant sur terre
Embellir la vie des hommes. 
Serge Lifar, Ma Vie.


         

Ces poèmes sont des écrits chorégraphiques qui retracent des émotions et des sensations issues de certaines chorégraphies. Ils sont écrits par la danseuse Céline Boyer et, lors du dernier spectacle "Alunissons, à l'unisson ", ont été lus par les danseurs Florian Salle, Nell Aucoin, Amandine Leprêtre, Céline et sa soeur Sandra Boyer avec des arrangements effectués par l'ingénieur son Julien Gabriel. Les photographies sont celles de Frédérick Madsen.

La danse est une poésie muette.
                            Simonide de Céos.



Vivre
  
Le saviez vous ? La lune grouille de danseurs
Qui sont ivres de rondeur et de vitesse.
A chaque pas ensemble, nous alunissons toujours,
Nous sommes en apesanteur, à l’unisson
Dans un espace immense de grâce et de fusion.
 
Si nous nous tenons par la main sur scène, c’est pour grandir
Si nous nous élançons toujours plus haut, c’est pour oublier
Si nous roulons les uns vers les autres, c’est pour devenir.
 
Nous rendons hommage au monde et à ses oiseaux blancs
Nous essayons de ressembler 
Aux orchidées qui poussent sur la lune
Roses et blanches, elles sont fragiles et pourtant invincibles.
 
Tous les violons hurlent notre osmose, notre unisson
Nous nous sommes tous offerts 
Pendant quelques secondes d’éternité floue
Pendant lesquelles nous sommes devenus des étoiles filantes
Formant une ligue de mains tendues et de visages lumineux.
Etoiles filantes oui, mais nous filons un merveilleux coton
Un merveilleux cocon qui nous sert de piste
Piste aux étoiles où nous dansons sans relâche
Parfois même jusqu’à s’évanouir de joie.
 
Nous vivons, certes un peu la tête dans la lune,
Mais nous nous sentons vivants à faire rougir la lune,
Peut être même à la décrocher. 

     
       © Poème Céline Boyer.
       

  


Rouge vif
 
Me voilà la tête nue dans tes mains tremblantes
Tu connais le poids des doutes posé sur mes épaules.

J’ai mis ma robe rouge, je suis une flamme,
Je me sens flamboyante comme un coquelicot.
Je vais tout faire pour garder la tête haute
Et si je la baisse, promets moi de la relever encore.

Tu as mis ta robe rouge, tu deviens un soleil magenta
Majestueuse, tu réchauffes mes sourires et mes éclats de joie.

Nous sommes en robes rouges comme un seul cœur ouvert
Comme un sang qui palpite dans des veines enthousiastes.
C’est cela vivre, c’est sentir cette pulsation rythmée
Qui nous dicte tous les pas de danse inspirés et intenses.

A chaque battement de cœur, 
Nous donnons un mouvement sur scène
A chaque respiration,
Le sang tourne en nous comme nos robes jumelles.

C’est merveilleux d’être en vie, 
Les hommes l’oublient souvent tu sais
Mais ce soir dans nos robes rouges, promets moi encore
Que nous allons crier au monde entier 
Combien nous sommes vivantes,
Vivantes, vibrantes comme une seule palpitation infinie.

             © Poème Céline Boyer.
       Photographies Frédérick Madsen.


 Ton horizon est le mien

Regarde moi bien, accroche ton regard au mien
Nous nous ressemblons comme deux plumes au vent
Nous avons le même chemin inscrit dans nos veines.
Ecoute mon souffle, je respire comme toi
Des milliers d’étoiles nous ont envahies ce soir.
Je glisse ma main sur ton visage pour effacer tes larmes
Je les conserve au bout de mes dix doigts
Et je dessine des paysages liquides avec tes sanglots 
Ils se remplissent alors de soleil et de champs de jonquilles.
C’est ensemble que nous sommes des âmes fortes
Ne laisse personne t’inventer une différence
Tu es mon double et j’en suis sûre tu me ressembles.
C’est dans la lenteur et dans l’émotion
Que nous dansons face à face, côte à côte
C’est par nos gestes que nous détruisons la haine des hommes.
Je sais que nous avancerons main dans la main
Dans les chemins boueux et dans les lumières sereines.
Nous garderons le poing levé contre l’ignorance
Et nous embrasserons le front de ceux qui espèrent
Notre chemin ira plus loin, notre force ira plus haut.


     
      © Poème Céline Boyer.
      Photographies Frédérick Madsen.


                                          A travers les bleus

  
Je m’appelle Céline. Rien d’extraordinaire à cela 
mais quand je mélange les lettres de mon prénom, 
je deviens Enciel. C’est ce qui me rapproche des anges et du ciel 
vous diront certains et ils ont bien raison je crois.
Enciel est légère, 
si Céline est malade et en traitement, 
Enciel, elle, danse toujours aussi légère. 
Quand je deviens Enciel, 
je fusionne avec le bleu du ciel, 
cet azur unique et j’en oublie les bleus à l’âme 
et le blues de certains soirs. 
Mon corps a eu des bleus aussi 
mais Enciel les transforme en contes bleus, 
en bleuets ou en saphirs. 
Quand j’ai une peur bleue de souffrir, 
je m’habille de ciel bleu et d’or bleu, 
je deviens océan et nuage à la fois 
et la peur s’enfuit, noyée.
C’est vrai, je me suis fait avoir comme une bleue 
par la maladie mais elle va s’incliner 
devant notre force, 
le crabe ne se mesure pas à l’océan 
il s’y soumet. 
Je crée des papillons bleus, 
de l’encre bleue pour écrire sur les lacs, 
des myosotis, des martins-pêcheurs 
ou des baleines bleues et je vais mieux.
Enciel est une petite fille 
et j’écoute ses promesses, 
elle aime les gens, 
elle aime la vie profondément. 
Cela me donne la force d’avancer malgré les bleus - 
Enciel m’aide à ouvrir à chaque regard 
un nouvel espace de l’azur. 
Je sais que je vis sur la planète bleue 
et je veux y vivre encore longtemps.
Face à la tristesse, aux doutes ou aux peurs bleues, 
je me répète « 
Laisse Enciel, 
laisse tout cela de côté, laisse Enciel 
» 
et je me tourne toujours plus vers l’essentiel. 
N’oubliez pas, danser me permet d’accéder au ciel, 
souvent au ciel bleu d’ailleurs, 
à chaque mouvement je deviens immortelle 
et je vous entraînerai dans cette éternité 
coûte que coûte, goutte à goutte.

 
    © Poème Céline Boyer.
    Photographies Frédérick Madsen.

   
                                     L’un contre l’autre
  
Si je pouvais prendre ta main une seule fois
La poser sur mon front quand j’ai peur la nuit,
Si je pouvais enlacer ton âme une seule fois
Et la rendre heureuse à chaque fois que je souris,
Alors je n’hésiterais pas à ouvrir tout mon univers au tien.

J’aimerai que tu me frôles jusqu’à ce que je frissonne.
Sache qu’en ce moment je suis éparpillée aux quatre vents,
Rassemble moi en douceur, reconstruis moi de tes mains,
Fais moi plus solide par tes élans d’amour pour chaque lendemain.

Ne renonce pas à caresser mes cheveux ils sont à toi,
Ils forment une auréole de lumière autour de ton visage
Et je sens que l’éternité après tout n’est pas si loin.
Quand je vois tes épaules j’imagine des forteresses
Dans lesquelles je me réfugie contre les coups du sort.

Viens vers moi encore, même à pas feutrés, même la nuit tombée,
Je suis couchée au bord de la route à te dessiner patiemment
J’ouvre les grains et les galets pour t’y trouver
Et ton sourire me ramène vers la nonchalance des enfants.

J’aimerai que tu me frôles jusqu’à ce que je renaisse
A l’amour à la mort je suis liée par toutes mes veines à ton être
A l’amour à la mort je serai contre toi
Tout près, tout doucement, tout contre toi.


         © Poème Céline Boyer.
     Photographies Frédérick Madsen.

                                              Crépuscule

 
La nuit tombe et trois silhouettes émergent
Dans un chaos de tissu noir sans forme.
Voici un visage, puis un autre que l'on devine
Entre chien et loup, la lumière est sombre.
Une danseuse s'avance et tournoie seule
Les deux silhouettes au fond sont rattachées
Par une longue bande de tissu élastique,
Cordon ombilical de la nuit entre deux âmes.
Le tissu noir se tend, se gonfle et s'envole
Le ventre féminin tout à coup se dévoile
Comme une mélodie du centre essentiel,
Le ventre blanc comme seule lune au crépuscule.
Les danseuses virevoltent une à une habitées
Par une nuit qui s'installe en elles lentement.
Rassemblées, elles se courbent en arrière
Les unes contre les autres, les cheveux abandonnés
La nuit tombe et les trois silhouettes émergent
Blotties, portées, ventre lumineux et yeux fermés.

    
      © Poème Céline Boyer.
      Photographies Frédérick Madsen.



    
                                        Amour amor
 
Voilà ma robe rouge d’opéra et ses voiles,
Je te la remets comme un trésor mon amie.
Danse ce soir, étoile unique,
Pour ton frère qui s’est envolé
Vers cet au-delà lumineux.
Porte ma robe sur scène tu veux,
Tu danses seule mais je serai là mon amie,
Ma robe sera moi, elle t’enveloppera,
Te soutiendra, t’admirera.
Tu danses seule mais nous serons là
La scène sera nous, elle te portera.
Tu danses légère face au fardeau lourd,
Tu illumines face à la noirceur du chagrin,
Tu resplendis, fragile et solide.
Ton frère te regarde, immensément beau,
Terriblement absent, magiquement là pourtant.
Quand tu tombes c’est toute la souffrance que tu portes
Quand tu t’élances c’est toute la splendeur que tu répands.
Vole, vole, petite aile, vole hirondelle,
Lance ta robe comme un rire chatoyant
Lance ta jambe comme un espoir inchangé.
Nos larmes ont été les tiennes tu sais,
Mais ta beauté nous sauvait de la torpeur.
Petite sœur, mes sanglots étaient dans ma robe
C’est pour cela qu’elle coule si bien sur toi.
Tu demandes à ton frère de retrouver la lumière
Mais il ne l’a jamais perdue, il l’a sous ses yeux
Toi sa lumière qui danse, qui donne et qui crie en silence
Tout ton amour pour cet absent qui t’inspire,
Toute ta grâce pour ces vivants qui t’admirent.
Petite sœur, ton courage est beau, magnifique même,
Et la trace rouge de ta danse coule encore dans notre sang.
    
     © Poème Céline Boyer.
     Photographies Frédérick Madsen.


    
                                 
                                           Amour amer
 
Toi la jeune fille blessée par l'amour
Toi qui as perdu l’illusion du bonheur
Apprends nous à danser ton monde intérieur.
Regarde nous dans nos robes roses, légères,
Nous sommes deux papillons féminins sans diadème
Et nos partenaires en noir sont l’espoir de l'échange.
Trouve la
Dans chaque battement de coeur
Dans chaque souci
Garde la encore dans ton coeur
Notre quatuor explore l'espace de la rencontre
La fille en robe satinée et l'homme en noir se découvrent
Et cela en miroir, de part et d'autre de la scène.
Le mimétisme nous rend universelles et différentes pourtant
Tu es la femme d'un couple désuni, en souffrance, en errance
Je suis la femme d'un couple en harmonie, en osmose, en écoute.
Comment quelqu'un peut-il se sentir comme nous là-bas ?
As-tu perdu le rêve qui était dans nos mains ?
Notre couple est porté vers un ciel ensoleillé pourpre
Et quand je touche les astres, toi tu tombes à terre, désastre,
Le visage en sang et le coeur en cendres.
Reviens vers moi, l'image de ton miroir, de l'autre côté,
Je suis Alice au pays des merveilles de l'autre côté
Et tu restes la petite marchande d’allumettes, rejoins moi.
Les voiles roses nous dévoilent dans nos couples
Le voile me sert de coiffe de mariée, de tissu vers les étoiles
Le voile te bâillonne, t’emprisonne et te cache.
Notre quatuor accélère, nous sommes à l'unisson
Je me retrouve face à toi, les mains contre les tiennes
Mais tu ne traverses pas le miroir, tu hurles à la place
Une dernière fois tu tombes, seule au milieu de la scène en crise
Perdue au milieu des peintures de femmes solitaires grises
Tu t'enfuis et je ne peux rester - est-ce ton temps ou le mien ?
Est-ce notre temps ?  
Je suis portée vers les étoiles, mon voile de mariée à bout de bras
Et de là-haut je te vois par terre les yeux en larmes
L’âme en exil et le corps en foetus.

   
    © Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.

                                   




                                

                                Danse des quatre éléments
 
Les quatre amazones forment un seul arbre,
Elles ont un corps de terre et de glaise
Elles portent du lierre dans leurs cheveux
Comme des bacchantes danseuses, des ménades unies.
Au bout de leurs doigts, elles portent des branches
Le bois pousse au-delà de leurs mains, de leurs ongles
Elles élèvent leur écorce vers le ciel émeraude.
Elles étalent de l'argile au creux de leurs paumes,
Puis sur leurs jeunes visages de dryades enfantines,
Et l'argile verte glisse sur l'intérieur de leurs bras.
L’air se lance sur scène, en blanc, en voile irisé
Tout en suspension, en souffle et en respiration
Portant la légèreté et le vent dans leurs mains.
Yulunga les chants profonds soulèvent les visages
Et les bras se tendent vers le ciel, les arbres poussent.
Les notes des percussions explosent la lenteur alanguie
Les amazones deviennent des danseuses tribales
Elles battent le rythme en tapant fort du pied
Faisant résonner les battements de coeur du monde.
L'eau coule sur scène, gouttes liquides bleues,
Et roule autour de l'air et de la terre,
Gouttes de rosée, vagues, pluies et rivières.
Les flammes jaillissent, groupe incandescent
Un clan dansant le feu dans sa flamboyance
Sauts de rouges, d'oranges et d'ocres mélangés
Explosion d'énergies volcaniques et lave de braises.
L'air et la terre s'entrecroisent et cheminent
Au milieu des retours de flamme et des ruisseaux.
Je tue ma soeur-amazone avec mon arc et ma flèche
Elle tombe blessée et elle me tue à son tour
Je me fige le lierre en sang, elle me porte sur son dos -
Nous avons dansé comme quatre guerrières de la forêt
Imitant les arbres, le vent dans nos branches, la sève en nous,
Quand nous renaissons sur scène, 
Des feuilles sont dans nos ventres.
Les quatre éléments se balancent au même rythme sacré
Sur la dernière note nous, les amazones, 
Accouchons de la verdure
À genoux, nos branches laissent tomber la verte fertilité
Et tous les éléments lèvent les bras au ciel ensemble
Pour rendre un mystérieux hommage au monde
Et à ses forces.

     
        © Poème Céline Boyer.
        Photographies Frédérick Madsen.

     
                    
                      Échange
 
 
Figures blanches et figures rouges se rencontrent
Sous des boules lunaires de même couleur
Boule soleil zénith avec sa lumière blanche
Boule coucher de soleil avec sa lumière rouge.
Les danseuses se tendent la main, se cherchent
Elles s'expriment en duo dans une foule en mouvement
Elles peignent un double tableau en monochrome.
L'espace de l'affleurement, du porté et de l'écoute
Se transforme en danse collective.
Elles échangent leurs bras et leurs regards,
Elles échangent leurs places et leurs histoires,
Elles échangent leurs visages et leurs couleurs.
Tous les bras ensemble, tous les sauts ensemble
Les approches du sol ensemble, les relâchés ensemble.
Après l'échange des soleils, l'échange des figures
Le tableau se fige en femmes à genoux
Et le soleil vient se fixer sur leur ventre
Comme un hymne au plus bel échange.

  © Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.

                     

                                        Guernica
 
J'ai attendu, j'ai attendu longtemps
Dans l'ombre sombre des tours brunes
Dans l'ombre sombre des tours de pluie
Vous me verrez attendre toujours
Un jour il reviendra
Par-dessus les mers, par-dessus les champs   
 
Tout est immobile sauf le regard.
La condamnée aux yeux bandés entre,
Se repose sur l'épaule bienveillante
Saute au cou de la protection masculine
Et se renverse contre l'homme agenouillé,
Le tableau alors s'ouvre et se meut,
Respirant par sa gravité et ses larmes
De sa noirceur et de sa candeur, il émeut
Dénonçant l'horreur du sang et des armes.
Les danseurs vêtus de noir se ressemblent
Ils portent au bout de leur bras la guerre
Et tout son cortège de souffrances.
La chute et l'envol se dessinent
Entre toutes les lignes horizontales.
Les jambes, élevées vers le ciel, prient
Comme les imposantes cornes du Minotaure
Implorent la fin des meurtrissures.
Tous les danseurs sont au diapason
La course de l'un, le saut de l'autre
Puis tout est immobile sauf le regard.
 
Un jour il reviendra,
Par dessus les campagnes, par dessus les mers
Reviendra le vent vert
Et emportera avec lui mon coeur blessé   
M'emportera sur les chemins
Il reviendra, chargé d'embruns
Dans l'ombre sombre des tours noires
Grâce à son souffle, je serais emporté
Loin dans le courant, dans un autre pays   
Je serais emporté, grâce à son souffle
Loin dans le courant, selon son désir   
Selon son désir, loin de ce monde
Entre la mer et les étoiles
 
 
Les hommes s'affrontent torses nus, âmes nues,
Et tombent à terre comme des frères.
Les danseuses, statues ombrageuses, se lamentent
Pleurent avec leurs bras, leurs mains et leurs visages.
La colombe est fusillée en plein vol
Les danseurs tombent à terre comme des frères.
L'enfant meurt sur scène, criblé de blessures,
La mort lui dépose un linceul léger
Pour cacher davantage l'émotion à vif.
Les hommes portent le martyre à bout de bras
Et sous ce portique humain, les femmes passent
Les larmes aux yeux, les coquelicots à la main
Pour oublier toutes ces vies qui, une à une, trépassent
Sans connaître la belle promesse des lendemains.
Picasso reconnaît l'effroi dans leurs pupilles
Et elles traversent cette porte qui mène au deuil.
Une nouvelle porte alors s'érige et se forme
Les bras tendus vers le ciel hissant les coquelicots
Les têtes vers le ciel pour y retrouver la colombe
L’espoir peut alors renaître, les danseurs ont donné
Leur grande émotion, leur souffle et la fraternité.

© Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.

                                   
                                    Hommage
 
Oiseaux blancs, battez des ailes ensemble
Comme un nuage à plusieurs visages.
Portez votre gant blanc jusqu'au coude
Et sentez l'air qui l'entoure encore.
Balancez vos têtes, balancez vos corps
Réapprenez la légèreté et l'abandon.
Lancez vos bras tout autour de la scène
Imitez les ailes des oiseaux clairs
Et l’écume liquide qui ondule.
Rendez hommage à celle qui guide
Qui entoure de sa présence maternelle.
Oiseaux blancs, battez des ailes ensemble
Les limites de la scène n'existent plus
Seul l'horizon s'inscrira dans vos respirations.

  © Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.
         
                      
                                             Impatience
 
 
Nous voilà sous les horloges insoutenables,
Toi mon double qui attend avec moi sur scène
Impatiemment.
Un seul de nos bras, une seule de nos jambes
Portent des bas noirs et nous nous ressemblons
Et nous formons un seul corps de danseuse.
Nous sautons, nous glissons ensemble
Et nos bras imitent les aiguilles des montres
Impatientes nous lançons nos têtes partout.
Je te porte sur mon dos, tu deviens le temps
Et ta jambe tendue vers le ciel rappelle le zénith
Comme si les horloges s'étaient arrêtées :
C’est là que commence l'impatience.
Notre bouche ouverte sur scène crie
Crie encore combien nous sommes la jeunesse
Combien nous voulons tout vivre et tout de suite.
Toi mon double tu danses ivre avec moi sur scène
Toi aussi tu détestes le temps qui passe
Et pourtant malgré tous les jours perdus
Nous continuerons à danser toujours
Impatientes de recommencer encore
Impatientes de se ressembler à jamais.

© Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.


                             

                                          Insomnie
 
 
Insomnie, toi, masse rouge aux mille chaînes,
Tu rassembles dans ta caverne sans fin
Toutes ces âmes dans un état de léthargie
Qui somnolent sur scène et s'éveillent nombreuses.
Le grand corps rouge enchaîné se déploie
En dix danseurs, prisonniers de la nuit vorace.
Puis pareils à des esclaves de la torture nocturne
O fortune, comme la lune, tu es changeante
Toujours croissante et décroissante
La détestable vie tantôt assombrit tantôt éclaire
L'esprit, par jeu; indigence, opulence,
Elle les fond comme glace.
Les danseurs tapent ensemble de leurs pieds enchaînés
Faisant résonner ce sang qui pulse sous les paupières
Quand ces âmes cherchent le sommeil et qu’il se dérobe.
Les chaînes se tendent et tombent lourdement
Refermant le piège sur les âmes insomniaques,
Dans un fracas métallique et un rouge démoniaque.
La ligne de danseurs se forme, esclaves qui errent,
Puis se rompt en plusieurs identités –
Un duo aux chaînes d'acier qui rencontrent le sol
Un quatuor aux draps rouges qui tournoient,
Voiles rouges qui embrument les silhouettes hagardes
Et un quatuor aux statues féminines et masculines
Qui hurle son impuissance et son désarroi.
Sort monstrueux tu es une roue tournoyante
Tu es malveillant, le bonheur est vain
Et se fane toujours pour rien, ombragé et voilé
Tu m'éclaires moi aussi; maintenant, par jeu,
j'apporte mon dos nu à ta méchanceté.
Puis imitant le cercle vicieux de l'insomnie
Les danseurs courent en ronde, chutant et sautant,
Ils sortent de la torpeur dans des gestes forts
Des accents marqués, des poses suspendues
Puis retombent, éparpillés, essoufflés.
Sur les dernières notes de musique prenantes
Ils se rassemblent, entre chaînes et voiles rouges,
Entre abandon et solidité, entre hauteur et stupeur.
Sort sain et fort qui m'est aujourd'hui contraire,
il est fait et défait toujours dans l'esclavage.
Sans tarder cueille les cordes vibrantes lorsque le sort
Frappe l'homme attaché! Tout le monde pleure avec moi !

 © Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.
                                  

                                           Prisonnières
 
 
La prison des femmes rassemble des âmes déchues
Des âmes déçues, des femmes perdues.
Les barreaux de leur carcan sont rigides,
Les gardiens sur leurs escaliers sont immobiles,
Leur regard reste impassible, insensible à leur sort.
Elles entrent sur scène en mouvements amples
Comme pour souligner que leur énergie existe encore.
Pareille à une armée, elles avancent à l'unisson
Dans des mêmes gestes, dans des mêmes attitudes.
Sous leurs habits rayés et leurs longues chaussettes
Elles laissent exploser toute leur ressemblance.
Elles sont femmes, coupables et prisonnières.
Deux quatuors s’affrontent dans des espaces carrés,
Qui évoquent l'espace confiné de leur cellule.
Accablées par leur incarcération, les prisonnières chutent
Et dans une même intention, rampent, couchées sur le sol.
Elles se relèvent toutes solitaires, similaires, solitaires
Et semblent répéter des postures rituelles.
Après leur ronde dans la cour, seul espace de liberté,
Elles dansent par deux au coeur du demi-cercle de femmes
Qui les encouragent par des gestes de combat,
De lutte acharnée pour survivre dans l'enfermement.
Rassemblées dans des soubresauts communs,
Elles s'immobilisent à leur tour, impassibles, figées.
Deux prisonnières, par leur ondulation dernière,
Marquent la fin de cette liberté accordée.
Immobiles, rayées, elles sont encerclées par les barreaux,
Enfermées à nouveau par les gardiens, leurs bourreaux.
Elles ont su danser pour oublier leur néant et leur haine
Elles ont su danser pour simplement conjurer leur peine.

Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.

                              

                               Sirènes urbaines
 
L'espace du béton et de la ville nous envahit
Dans un désert de ciment, nous explosons à poings fermés,
Nous nous ressemblons à point nommé.
Sous nos capuches, nous avons tant à dire,
Nous tapons du pied en silence, en rage,
Nous avançons, urbaines, le regard soutenu.
Après notre impulsive gestuelle,
Nous ressentons l'océan en nous un peu,
Et nos bras se balancent et nos corps se balancent
Comme les vagues que nous nous ne connaissons qu'en songe.
Nos rythmes sont fluides,
Nos silhouettes de danseuses coulent,
Nos bustes imitent l'onde aquatique.
Le ciment nous rattrape d'un seul coup,
Nous devons encore nous battre solidaires
La musique se saccade, s'automatise, se robotise
Et nous explosons à nouveau, revanchardes,
Nous avançons, urbaines, le regard soutenu.
La mer nous appelle encore, nous sommes liquides
Nous tournons, nous vacillons comme la houle,
Nos battements de coeur se répètent en nous
Comme si nous respirions déjà sous l'eau.
Mais dans un dernier élan, la ville nous assaille
Nous luttons contre elle, contre nous-mêmes
La musique accélère, le combat se renforce
Coups de pied, poings serrés, capuches sans visage.
Dans cette ultime lutte, transpirantes, éreintées,
À bout de souffle après tant d'explosion et de résistance
Nous montons la dune l'une après l'autre
Et nous cinq, dans notre habit bleu abyssal,
Nous regardons au loin.
Les capuches tombent une à une
Le regard se perd à l'horizon, le souffle s'entend,
Et nous tenons debout, apaisées, face à l'océan,
Comme des sirènes qui se ressemblent dans les embruns.



© Poème Céline Boyer.
Photographies Frédérick Madsen.



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Spectacle I-care  
  Céline Boyer et Florian Salle ont formé un duo qu'ils ont nommé
"à corps d'émoi".
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Ils présenteront leur spectacle
" I-care " pour la Ligue contre le cancer avec la Mairie de Bordeaux, sur le miroir d'eau, le vendredi 25 mai à 21h et 22h.
Ils seront accompagnés de musiciens en live, le quatuor Opuslacombe et de sculptures, ailes en acier et personnages mythiques.
Ce duo est présenté lors du 10eme anniversaire de la prévention solaire de la Ligue et sera donné gratuitement en accord avec la Mairie.
Des cracheurs de feu accompagneront cette pièce qui est une réécriture du mythe d'Icare, de sa fougue et de sa brûlure.
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Nous vous tiendrons informés des conférences de presse, des articles et reportages sur cette création.
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Nous vous tiendrons informés des dates de ce spectacle.
 
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